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Eloge de l'insoutenable banalité de l'être

Le cours étrange des choses de Raphaël Nadjari

Au départ rien d'étrange, un personnage plutôt ordinaire somme toute. Divorcé, père d'une petite fille de huit ans, Saül travaille en tant que secrétaire infirmier dans un hôpital. Il décide un matin d'aller voir son père qui vit à Haïfa et qu'il n'a pas vu depuis 5 ans. Nous suivons alors le personnage dans ces moindres déplacements et gestes, ses retrouvailles avec Simon son père et sa compagne Bathy, leurs tentatives pour reconstruire des liens, le tout filmé avec lenteur, beaucoup d'économie, très peu de dialogues et des situations qui à force de banalité en deviennent étranges. Une étrangeté proche de l'absurde et qui pourrait rebuter le spectateur si en même temps ne s'opérait une proximité et une empathie de plus en plus forte avec Saül.

Comme vous l'aurez compris, Raphaël Nadjari (réalisateur franco-israélien) appartient à ce genre de cinéaste qui ne se reconnait pas dans l'esthétique formatée du cinéma d'aujourd'hui. Il lui préfère un cinéma plus artisanal, où rien n'est écrit ou décidé à l'avance mais où le film se construit par un lent travail collectif où l'art de l'improvisation des comédiens prend tout son sens. Et il est vrai que tous les personnages, par le jeu si naturellement maîtrisé des acteurs n'en finissent pas de nous toucher et que les situations même les plus tragiques semblent se désamorcer devant nous.

Le cours étrange des choses nous raconte la quete initiatique d'un héros, ou plutot d'un anti-heros , qui tel un canard boiteux, poursuit son destin.

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Eloge de l'insoutenable banalité de l'être
Tag(s) : #film français, #film israëlien