2,5/ 5 par CaroK
Si Vincent Macaigne (à ne pas confondre avec les frites) est le héros de ce film de Sébastien Betbeder, c'est aussi le héros d'un nouveau cinéma français, simple, décalé mais premier degré et plus ou moins fauché. On a en effet pu l'apercevoir à l'affiche de La bataille de Solférino, et on le verra courant 2014 dans Tonnerre et Tristesse Club.
Le film est le récit d'une période de la vie de 3 personnages, Arman (Vincent Macaigne), Amélie (Maud Wyler) et Benjamin (Bastien Bouillon).
De la rencontre impromptue entre Arman et Amélie: d'abord ils se foncent dedans pendant leur footing respectif, puis Arman se fait poignarder en voulant sauver Amélie de ses deux agresseurs. Au parcours inattendu de Benjamin, qui en sortant de l'hôpital fait un AVC, qui va changer le cours de sa vie. Le film nous plonge à travers les pérégrinations de ces 3 trentenaires dont les vies plutôt banales sont ponctuées d'expériences atypiques.
Le film est construit de façon originale. La plupart du temps, les personnages nous parlent, ou directement face caméra, en aparté. Ou en voix off, narrant différentes scènes de leurs vies, façon nouvelle vague.
D'autre part, le film est fractionné en une trentaine de "chapitres". Malheureusement ce procédé, au lieu de lui donner le panache escompté, abouti à un film hâché, qui nous fait souvent décrocher.
En ce qui concerne les personnages, le rendu est paradoxal. On a du mal a les cerner, à s'y attacher. Bizarrement, même s'ils sont tendres et profonds, on n'arrive pas à savoir qui ils sont vraiment. C'est dommage car les acteurs sont tous excellents. Macaigne a un potentiel comique incroyable, tout en étant touchant de simplicité. Maud Wyler est solaire, gracieuse et passe de la légèreté à l'abattement en un regard.
D'autre part, on s'attend à voir une comédie, qui nous est servie pendant la première moitié du film mais vire en un film beaucoup plus pesant lors de la deuxième moitié. La transition est assez brutale et empêche le film de couler de source.
En fait tous ces procédés font que l'on a du mal a vraiment se mettre dans le film, et s'attacher aux personnages (alors qu'on en a très envie), et qu'on est pendant tout le film dans un entre-deux assez inconfortable.
Malgré ça, le film est assez exaltant par les questions qu'il soulève: sens de la vie et des rencontres, difficultés de se comprendre soi-même et de comprendre les autres, problématiques d'un couple de trentenaires de nos jours, désir de maternité. Et aussi par une simplicité pas gnangnan, qui rend possible le premier degré sans qu'il soit ridicule. Et ce dernier point est particulièrement important. Dans une société où tout est sujet au cynisme, on a ici un objet brut et pur.
Un mot pour résumer: dommage!